AGRI INFO

Ads[none]

Ads[none]

samedi, juillet 30, 2016

TOGO : ENVIRONNEMENT : QUAND LA CHERTE DU GAZ BUTANE EST AUX ANTIPODES DE LA LUTTE POUR LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

Septembre 2015, l’ONU adopte les Objectifs du Développement Durable(ODD) ; 17 au total. Deux desdits ODD sont consacrés à l’environnement. l’ODD 13 centré sur les « mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques », et l’ODD 15 relatif à la « vie terrestre ». Preuve que la communauté internationale est plus que jamais soucieuse d'un environnement de qualité et en fait une priorité. Pour cela, il importe d’engager une lutte sérieuse à l'échelle planétaire en faveur de la protection de l’environnement. Cette lutte nécessite le concours affectif de chaque Etat. Cependant, qu’en est-il de la politique environnementale du Togo ?

PARTICULARITÉ TOGOLAISE  


La plupart des pays de la sous-région, dans la logique de la préservation de l'environnement, ont mis en place un certain nombre de politiques environnementales. L’une de ces politiques consiste à substituer le bois de chauffe et le charbon de bois au gaz butane. Pour être en phase avec cette politique, ces pays ont opté pour la subvention de ce gaz. Histoire d'en faciliter l'accès et aussi, d'encourager l'utilisation. Une initiative louable qui montre la cohérence entre les discours et les faits en matière de protection de l’environnement. Cependant, si d’autres pays ont compris la nécessité d’adopter une telle mesure, au Togo, elle n’a pas encore fait tache d’huile. Car, le Togo reste à ce jour l’un des rares pays de la sous-région qui ne subventionnent pas le gaz butane. Ce qui est difficilement concevable quand on sait que le Togo se dit engagé, au même titre que les autres pays dans la lutte pour un environnement de qualité. En Côte d’Ivoire par exemple, grâce à la subvention, la bonbonne de gaz de 6kg ne coûte que 2000 F CFA et celle de 12,5 kg 5000 F CFA. Il en est de même au Burkina Faso voisin. Mais au Togo, le gaz demeure encore une denrée de luxe. Les mêmes bonbonnes sont respectivement vendues aux Togolais à 3120 F CFA et 6500 F CFA. Des prix qui contrastent avec le niveau de vie des Togolais.

FOSSÉ ENTRE DISCOURS ET ACTIONS

Le Togo s’est toujours présenté comme un pays luttant pour la préservation de l’environnement. Le Togo va même jusqu'à inciter les autres pays à l'action dans cette lutte. C’est ainsi qu’en marge de la COP21 à Paris en décembre 2015, Faure Gnassingbé, dans son allocution faisait allusion au besoin d’action après les discours, en ce qui concerne la réduction des effets du réchauffement de la planète. Étonnamment, au Togo on peine à voir des actions tangibles attestant de cet engagement. Si le président de la république lui-même est conscient qu’il faut aller au-delà des simples mots pour marquer son engagement, avec des actions concrètes, il est cependant curieux de constater que le gaz butane continue de coûter si cher aux ménages togolais alors qu’un prix accessible aurait eu le mérite de contribuer à l’abandon progressif de l’utilisation du bois et par ricochet au recul du déboisement, l’une des causes majeures du réchauffement climatique. Dès lors, une interrogation s’impose : pourquoi au Togo où, les revenus ne sont pas connus pour être enviables, le gaz butane qui devrait contribuer à limiter l'usage du bois coûte-t-il si cher ? N’est-ce pas une manière tacite - consciente ou inconsciente - d’inciter les populations à continuer à recourir au bois ?

POURQUOI LES PRIX DU GAZ NE CONNAISSENT-ILS PAS DE BAISSES ?


Il y a plus d’un an, les cours mondiaux du baril du pétrole n'ont cessé de dégringoler. Cela a conduit la plupart des États à revoir les prix des produits pétroliers à la baisse. Le Togo n’est pas resté en marge. Au nom du principe de la « vérité des prix », le gouvernement togolais a procédé à quatre diminutions successives des prix à la pompe au cours de cette année 2016. La dernière étant celle d'aujourd'hui 29 juillet. Tous les prix des produits pétroliers ont connus des baisses substantielles sauf comme par hasard ceux du gaz butane. Comme si le gaz butane n’était pas un produit pétrolier. Soit.

LE GHANA AU SECOURS

Confrontés aux prix exorbitants du gaz dans leur pays, certains Togolais ont trouvé un moyen de s'acheter le gaz à moindre coût et selon leurs bourses. Ce moyen consiste à s'approvisionner en gaz à partir du Ghana voisin. Pourquoi préfèrent-ils se rendre au Ghana? Plusieurs raisons à cela. La première tient à la bouteille dont on est munie. En effet, au Togo, lorsque vous ne disposez pas de la bouteille dite authentique, vous ne pouvez pas acheter le gaz. Il est question de la bouteille du fournisseur. Deux bouteilles sont autorisées au Togo: La bouteille Total et celle de Sodigaz. En dehors des deux bouteilles, aucune autre n'est acceptée. Contrairement, au Ghana, la seule contrainte à la quelle l'on fait face se résume juste à se présenter à la station service munit d'une bouteille, quelle qu'elle soit et vous êtes servi. L'autre raison qui explique la préférence de certains Togolais pour le gaz ghanéen est relative aux moyens. Au Ghana, on achète le gaz selon sa poche. Vous n'êtes pas obligés de faire le plein de la bouteille. On y vend le gaz de la même manière qu'on vend l'essence. Vous apportez votre bonbonne, et devant vous, on vous serre le montant de votre choix. Cette  méthode garantit la transparence totale quant au contenu réel de la bouteille. Le client voit directement le volume qui lui est servi sur le compteur. Alors qu'au Togo, vous n'avez pas ces possibilités. D'abord, concernant les prix, vous n'avez pas le choix. C'est soit 3120, ou soit 6500 F CFA selon que vous désirez la petite ou la grande bonbonne. Ni plus ni moins. Ensuite, nombre de consommateurs togolais doutent du volume réel du gaz qui leur est vendu, car les bouteilles sont remplies d'avance. Aucun moyen de savoir si ce que l'on paye correspond au contenu réel de la bouteille. Une pratique qui est aux antipodes de la transparence. Toutes ces raisons expliquent le fait qu'en dépit des frais douaniers, certains Togolais préfèrent s'approvisionner en gaz au Ghana plutôt qu'ici

DE LA PRISE DE CONSCIENCE ET DE L'URGENCE D'AGIR


À l'heure actuelle où le monde entier se mobilise pour venir à bout de cet épineux problème qu'est le réchauffement climatique, chacun devrait jouer au mieux sa partition. Les populations togolaises semblent l’avoir compris. C'est pourquoi elles optent de plus en plus pour l'utilisation du gaz butane; ce qui leurs permet de facto de réduire leur dépendance vis-a-vis du bois et des produits qui en sont dérivés. Mais le gouvernement semble ne pas être sur la même longueur d'onde. C'est ce qui peut expliquer l’obstination du gouvernement à ne rien faire pour encourager les populations à la consommation du gaz. Plus d'une fois, les associations de défense des droits des consommateurs sont montées au créneau pour interpeller le gouvernement sur la nécessité de revoir à la baisse les prix du gaz, mais aucune fois leur appel n'a été entendu. Il y a cependant lieu de s'interroger sur la politique environnementale du Togo. Quels sont les efforts que font les autorités togolaises en faveur de l'environnement? En tout cas, s'il en existe, ces efforts sont annihilés par la cherté du gaz. La conséquence de cette cherté est évidente. C'est que les populations, faute de moyens pour s'acquitter du gaz, vont continuer de couper les arbres pour satisfaire leurs besoins d'énergie. C'est pourquoi, en attendant une réelle prise de conscience du gouvernement, on ne doit pas s’étonner de continuer de voir des camions remorques chargés de plusieurs tonnes de bois de chauffe et de charbon de bois, en provenance de l’intérieur du pays vers Lomé. Dans ces conditions, peut-on affirmer que le Togo est réellement engagé dans la lutte pour la préservation de l'environnement? Chacun y répondra.

                                                                                                                           Marcel AKONARO
TOGO : ENVIRONNEMENT : QUAND LA CHERTE DU GAZ BUTANE EST AUX ANTIPODES DE LA LUTTE POUR LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT Reviewed by Radio Micah on samedi, juillet 30, 2016 Rating: 5 Septembre 2015, l’ONU adopte les Objectifs du Développement Durable(ODD) ; 17 au total. Deux desdits ODD sont consacrés à l’environnemen...

Réactions :

2 commentaires:

  1. Yves ADOLAIRE30 juillet, 2016

    On finit par comprendre que l'action social n est pas la priorité du gouvernement kLASSOU et son Faure Gnassingbé le chef de l'Etat

    RépondreSupprimer
  2. Kodjogan MAWUSE30 juillet, 2016

    Ainsi va le Togo. Que fait l opposition ? La lutte appartient au peuple
    togolais debout

    RépondreSupprimer

Ads[none]