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mardi, juillet 26, 2016

TOGO-REPORTAGE : PROBLEMATIQUE DE LA MEVENTE A LOME : LES REVENDEUSES DE FRUITS ; LES PLUS GRANDES VICTIMES ?

Le problème de la mévente devient de plus en plus épineux dans les marchés de la capitale togolaise. Des grossistes, jusqu’aux détaillants, tout le monde s’en plaint. Mais, si certains peuvent garder leurs marchandises longtemps en stock sans risquer des pertes, ce n’est pas le cas pour tout le monde. C’est le cas des vendeuses des fruits.

Il sonne 11h ce samedi au marché d’Agoé-Assiyéyé. C’est jour du marché. Le ciel est dépourvu de soleil. L’air est frais. Le week-end est souvent très attendu des commerçants, car, disent-ils, c’est habituellement pendant le week-end qu’ils font plus de chiffre d’affaires. Mais ce samedi, les choses semblent ne pas aller dans le bon sens. Il suffit d’observer l’atmosphère morose qui prévaut aussi bien aux alentours qu’à l’intérieur du marché pour s’en rendre compte. Dehors, rien de plus remarquable que les vrombissements des moteurs des voitures et motos. Dans le marché, les allées sont quasi désertes de monde. Ce n’est pas le grand attroupement devant les étalages des commerçants. Chaque commerçant attend avec frénésie, cette voix qui dira « moudja plé nou », c’est-à-dire « je désire acheter » en langue locale.

Face à cette rareté des clients, chaque commerçant reste très attentif aux mouvements autour de lui. Autant dire qu’ils sont aux aguets des clients. Certains n’hésitent pas à vous intercepter pour venir acheter chez eux. 

Nous sommes à l’entrée sud du marché. On y vend du maïs, des condiments, des œufs, des fruits et autres. Afi vend des fruits (mangues, oranges, bananes, ananas, pommes, avocats, …), juste à côté du portail d’entrée, côté gauche. Elle nous fait signe de venir acheter. Nous l’approchons. Elle pense avoir trouvé son premier client du jour. Du coup, son visage entre-temps renfrogné devient radieux. Elle nous gratifie d’un large sourire et nous demande ce qu’elle peut nous vendre. Nous n’avions pas prévu acheter. Mais en récompense de son accueil chaleureux, nous achetons deux oranges. Pas assez pour maintenir Afi toujours souriante. Très vite, son visage redevient serré. Sa déception est perceptible. L’achat n’est pas à la hauteur de ses attentes. Elle nous demande : « ce sera tout ? », « oui madame», répondons-nous un peu gêné. Comme pour la faire oublier notre petit achat, objet de sa déception, nous abordons un sujet qui doit particulièrement l’intéresser : la situation au marché. « Comment vont les affaires ? » lui demandons-nous.  Elle observe un petit moment de silence et pour toute réponse, une interjection : un  long « hummmm ». Puis, plus rien. Elle est visiblement estomaquée par notre question. Nous insistons : « vous n’avez pas répondu madame !». Elle rebondie cette fois-ci avec plus de volonté. Elle se lâche : « les affaires vont mal. Très mal. Il n’y a plus le marché.Depuis le matin, c’est vous qui êtes mon premier client. Et combien avez-vous acheté ? 100fr. A cette allure je me demande combien je vendrai jusqu’au soir. Si au moins nous pouvions conserver longtemps nos produits, nous ne serions pas aussi inquiètes. Le vrai problème pour nous réside dans le caractère rapidement défectueux de nos marchandises. Cela nous fait d’énormes pertes. » 

Nous quittons Afi en lui souhaitant du courage car elle en aura besoin pour la suite de la journée. Nous continuons notre enquête auprès d’autres revendeuses de fruits. Les plaintes sont les mêmes. Les femmes ne savent à quel saint se vouer. Que peut-on donc faire pour pallier ce problème de détérioration des fruits ? Existe-t-il une alternative pour venir à bout de ce problème?

Les principales concernées semblent détenir la solution à leur problème. C’est en tout cas ce qu’on peut déduire de ce que nous dit Blandine, une revendeuse de fruits qui interpelle l’Etat. Elle est visiblement bien renseignée. Elle pense que « l’Etat devrait installer des usines de transformation des fruits. Comme ça, nous n’aurons plus à jeter nos fruits détériorés. Nous les vendrons aux usines qui les utiliseront pour fabriquer des boissons ou des jus. C’est ce qui se fait dans certains pays. » Mais en attendant que cet appel trouve éventuellement un écho favorable auprès des hautes instances du pays, les femmes continueront toujours par subir des pertes tant que la mévente persistera. Vivement que leur sollicitation tombe dans une oreille attentive.

Marcel AKONARO
TOGO-REPORTAGE : PROBLEMATIQUE DE LA MEVENTE A LOME : LES REVENDEUSES DE FRUITS ; LES PLUS GRANDES VICTIMES ? Reviewed by Radio Micah on mardi, juillet 26, 2016 Rating: 5 Le problème de la mévente devient de plus en plus épineux dans les marchés de la capitale togolaise. Des grossistes, jusqu’aux détaillants...

Réactions :

3 commentaires:

  1. Il faut une politique de modernisation du secteur.

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  2. C'est un problème assez complexe mais qui peut facilement se résoudre si tout le monde met du sien.
    Deux choses fondamentales à comprendre :
    1- Je ne suis pas sûr qu'on produise un excédent de fruits pour notre consommation locale, c'est les moyens qui manquent aux populations et on préfère se rabattre sur le strict minimum.
    2- C'est pas à l'État de résoudre tous les problèmes dans un pays capitaliste même s'il peut donner les outils réglementaires pour faciliter des choses, c'est aux initiatives privées que revient la responsabilité et la créativité.
    En attendant un vrai investisseur, pourquoi ne pas créer un groupement de producteurs de fruits et avoir de dépôts locaux pour la transformation artisanale?

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